Appel initial de la dynamique des Reprises de savoirs, mai 2022
Venus d’horizons divers, nous sommes des étudiant.e.s, chercheuses et chercheurs, enseignant.e.s refusant l’hégémonie de savoirs excluants et souvent destructeurs, des déserteurs de l’Éducation Nationale et de la Re- cherche, des militant.e.s de l’éducation populaire, des activistes engagé.e.s dans des lieux et des expériences visant à la reprise d’une autonomie politique et matérielle.
Nous nous sommes rencontré.e.s depuis plusieurs années et de manière informelle autour d’expériences d’écoles de la Terre en divers lieux, sur des zones à défendre, au sein de luttes pour les communs, autour de l’appel pour les Soulèvements de la Terre, lors des enquêtes et rencontres Reprises de terre, dans des cantines populaires.
Ce qui nous lie, c’est la défense, la récupération et le soin des milieux de vie, la pluralité des mondes terrestres, menacés par une machinerie guerrière qui s’attaque au vivant sous toutes ses formes, humaines et autres qu’humaines. Comment se projeter dans un monde secoué par le chaos climatique, l’effondrement du vivant, la précarité sociale, l’autoritarisme et la guerre ? Comment vivre ensemble et apprendre de nos expériences présentes et passées, ici et ailleurs? Comment « faire école » pour s’inscrire dans la durée ?
Les institutions de transmission et de production des savoirs, Éducation Nationale, Université fondent leur légitimité sur la production de « savoirs experts », uniformisés, sélectifs, qui subordonnent de plus en plus les connaissances à l’agenda industriel, à l’efficacité, aux logiques productivistes et concurrentielles, à l’adaptation aux chocs écologiques et sociaux. Elles sont déconnectés des nécessités et connaissances vitales auxquelles nous confrontent les chocs écologiques et la désolation sociale.
D’un autre côté, des expériences et lieux multiples, ancrés dans des territoires, mettent en lumière des savoirs marginalisés, déniés, souvent méprisés. Ce sont des lieux de recherche, d’enquête, de réflexions, de création, qui réévaluent les savoir-habitants, les savoirs sensibles, les savoirs de subsistance, des savoirs terrestres ancrés dans les manières d’habiter et de faire société, attentifs à dépasser les dominations qui excluent, humilient et minent nos mondes communs.
Voilà pourquoi nous appelons à investir cet été des chantiers collectifs un peu partout en France. Ils se tiendront dans des lieux déjà existants, qu’il s’agit aussi de renforcer et relier, des lieux en construction ou à inventer. Ils se dérouleront dans le cadre d’une vie collective et autogérée, attentive au soin des personnes, des lieux, des groupes. Soucieux de la pluralité des savoirs et des manières de les transmettre, inspirés d’expériences et réflexions passées et présentes, ils mêleront, en les décloisonnant, des temps forts de travaux manuels collectifs, des temps de partages de savoirs plus théoriques, des temps de création et de fête. Ils seront une ébauche pour l’invention de Pluri·versités de la Terre.
Pour l’archive, le premier appel, janvier 2022
Retrouver ici les chantier 2025

D’autres textes on été publié publiquement depuis :
En 2025, nouvelles et saisons
Après la tenue de quasiment 100 chantiers, les Reprises de Savoirs nous invitent cette année à initier partout des formes d’arpentage/enquête autour des problématiques qui peuplent nos territoires de vie. En souhaitant que fleurissent au printemps des journées pour se rencontrer, se confronter, se questionner en traversant vallées, prairies et quartiers, zones industrielles, autoroutes, fibres optiques ou rivières polluées, elles et ils appellent à une saison de « Marches-Composition ». Et à faire cela avec celles et ceux qui pourraient bien être nos allié·es pour retisser des fils de cohérence qui fassent mentir la post-vérité de l’époque.
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Publié le 24 mars sur lundi matin
POUR·SUIVRE LES CHANTIERS…
Depuis 4 ans, une dynamique de Reprises de savoirs s’est initiée, en écho à divers mouvements de défense des terres et des communs. En lançant un appel à organiser des chantiers depuis des lieux de vies et de résistances, il ne s’agissait pas d’inventer du nouveau, mais de continuer à proposer des manières de grandir, de se défendre, d’être ensemble ; héritières de quotidiens politiques, des luttes et de l’éducation populaire. La presque centaine de chantiers qui a eu lieu nous a appris les un·es aux autres que c’est un travail de chaque instant d’expérimenter des relations aux lieux et aux autres humain·es. On y tente de se défaire des dominations qui minent nos mondes communs, et des liens synthétiques que l’organisation capitaliste des territoires nous propose/impose, sans vraiment nous laisser le choix que de ruiner le monde. Et, alors que ce système à bout de souffle est en crise, les crispations de la classe dominante se manifestent par la pente fascisante glissante.Alors, on poursuit et on relance une saison de chantiers pluri·versités – chantiers écoles ! Mais cette année on aimerait inviter ces chantiers qui prennent place dans des lieux concrets à explorer, questionner, tester leurs ancrages, leurs écologies, leurs relations territoriales. Difficile d’invoquer la figure de l’oasis dans l’époque telle qu’elle va. (Dans n’importe qu’elle époque d’ailleurs). Si elle est fragile, notre multitude de lieux est une trame que l’on doit à la fois chérir et activer. Écrivez-nous si vous souhaitez organiser un chantier.
- Appel à organiser des chantiers Pluri·versité
- Comment organiser un chantier
- Liste des chantiers passés et à venir
…POUR ALLER UN PEU PLUS LOIN OU POUR UNE RETERRITORIALISATION DES REPRISES DE SAVOIRS
Si avec l’invitation à organiser des chantiers pluri·versités, qui mettent à égale dignité les savoirs pratiques et théoriques, nous invitions à dépasser/déborder nos cercles affinitaires, nous avons conscience que toustes ne peuvent rejoindre une semaine ou un mois de chantier.
L’appel à déserter des étudiant·es d’AgroParis Tech en 2022 fut un véritable refus de perpétuer un modèle mortifère. Pourtant, la très forte couverture médiatique, notamment par les médias mainstream, a binarisé le débat avec des supposés « dedans » et « dehors », éclipsant les enjeux d’une politisation du refus. Cette opposition entre dedans et dehors (des institutions, des usines, des écoles, universités, des entreprises, « du système ») nous semble inopérante pour construire les alliances nécessaires à ce qui vient. En effet, nous pouvons/devons refuser la conduite nauséabonde du monde depuis là où chacun·e se trouve, et cela comporte dans tous les cas sa dose de paradoxes avec lesquels nous devons tricoter.
En juin (France) et janvier (USA) derniers, des ambiances qui puent ont saturé l’espace médiatique dans des stratégies de disruption qui visent à nous boucher littéralement la vue avec de la merde. Ceci est rendu possible par le nombre d’heures passées par beaucoup d’entre nous devant les écrans, à n’avoir plus que le choix de la réaction, le tout associé à une accélération du numérique : l’IA, qui colonise jusque nos esprits et manières de réfléchir.
Que font nombre d’institutions de production et de transmission de savoirs, sinon jouer le jeu du pouvoir dominant ? Si on peut saluer un sursaut récent et massif dans le milieu de l’enseignement supérieur et de la recherche, les « managers » complices qui régissent nos institutions académiques contribuent largement à propager le discours majoritaire sur « l’adaptation » au réchauffement à +4°C comme seule alternative, plutôt que de prendre à bras le corps la nécessité d’élaborer de véritables transformations sociales et écologiques. Ces politiques s’accompagnent d’une négation de l’héritage des lieux de transmission de savoirs comme espaces de résistances, notamment en réprimant celles et ceux qui se tiennent debout contre la complicité au génocide des Gazaoui·es.
Ces dernières années, les joies et espoirs apportées par le fourmillement des Reprises de subsistances étaient plus que nécessaire, et devaient se multiplier Esquissant ainsi des scénarii locaux « dans le territoire du Mervent, sud et centre Bretagne, dans l’élan des Soulevements du Mervent, où une joyeuse dynamique s’est organisée autour du ravitaillement des luttes : des cantines, des greniers des soulèvements, peut-être même un fournil et des brigades d’actions de solidarité paysanne. Se Nourrir, Se loger, Se chauffer, Se lier. Du Minervois où la filière laine se relance, au pays Nantais ou produire son énergie redevient quelques chose d’imaginable. Du Perche où les jus de pommes glanées irriguent les collectifs de luttes nationaux, au terrains de jeux des Batisseur-euses des terres qui rénovent de vieilles granges pour accueillir humain.e.s et non-humain.e.s ». Ce faisant, nous avons souhaité affiner collectivement nos compréhensions de la méga-machine et de son écologie néolibérale extractive qui prend la route du techno-féodalisme. Que cette compréhension se multiplie et embarque celles et ceux qui s’imaginent à ses marges ou bien prisonniers des ses rouages, dans des formes d’enquêtes collectives, nourries des résistances passées, des alternatives et des éducations populaires.
Parce que les alternatives ne suffiront pas pour créer des ponts, allons voir ce à quoi nous sommes lié·es, même si c’est pas toujours beau à voir. Les existences générées par le capitalisme extractiviste, coupent chacun·e des prises sur sa subsistance, laissant le champ au spectacle politicien qui glisse vers l’abîme. Ainsi, nos avancées doivent s’articuler avec la production et diffusion de savoirs oppositionnels [1]
[1] On vous en dis plus trés vite sur cette idée de savoirs…
, qui nous permettent de continuer le désarmement, le démantèlement [2]
[2] Premières secousses, Les soulèvements de la terre,…
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Plusieurs milliers d’entre nous sommes allés voir et dénoncer une Bassine à Sainte-Soline (reconnue illégale par la justice), un chantier d’autoroute dans le Tarn (annulé faute de nécessité impérieuse à le réaliser) et avons fait l’expérience insitu d’une compréhension renouvelée de ces infrastructures inutiles et imposées. Continuons d’aller dehors ensemble, éloignons nous des écrans qui pulsent les affects tristes, allons profiter du soleil et des senteurs du printemps, pour initier ces écoles du démantèlement.
Pour tout ça, et parce que l’idée nous trotte depuis un moment dans la tête, nous aimerions en plus des Chantiers et des Autres rentrées (voir § ci-dessous) vous proposer de tenter ensemble une saison de Marches-Composition.
APPEL A UNE SAISON DE MARCHES-COMPOSITION
On vous invite à aller vous frotter aux dehors, aux infrastructures qui font nos vies, aux socles géologiques qui les soutiennent, aux thématiques naturalistes que nous apprenons à voir, aux questions sociales qui peuplent les territoires… A aller voir ce qui fait nos/vos existences, en initiant une forme entre la réunion et la manifestation, entre le débat et le chantier : une forme d’enquête/rencontre ou encore d’arpentage biorégional [3]
[3] Pleins de choses à lire sur le biorégionalisme, on…
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Si nombreux sont les groupes qui utilisent déjà la marche, il s’agirait ici d’en faire un espace de « composition », un endroit de confrontation des regards, en n’allant pas marcher seulement avec ses potes, son asso, son école, pour chercher une confirmation à ses propres intuitions. En invitant un autre groupe à penser, problématiser, organiser, en prenant ce prétexte pour aller à la rencontre de personnes pas si loin mais avec lesquelles on n’arrive pas forcement encore à faire ensemble, on vous invite à organiser une marche pour voir se frotter les intuitions de chacun-es à la compréhension et aux savoirs des autres, à leurs regards sur l’époque, avec le paysage sous nos pieds et ce dont on dépend, comme médiateurs et facilitateurs.
Ce « Ce à quoi nous sommes lié-es » est à la fois interrogatif, énonciatif, dénonciatif, revendicatif… La question des politiques de la relation qui nous occupe pourrait bien avoir besoin, entre milles autres choses, de marches collectives où l’on engage nos corps, nos sens, nos intelligences et mémoires collectives, pour aller se confronter aux manières dont le capitalisme ordonne et organise les territoires pour en faire, par le flux des marchandises et des médias, une matrice de nos diverses relations au monde. Mais ces « balades » peuvent être aussi l’occasion d’aller voir comment on peut jouer dessus, s’en défaire, tenter d’autres choses, s’organiser, comment reconfigurer nos relations. Et cela concerne tant des transformations des quotidiens et des subsistances que des questions collectives, de politique et de lutte. En partageant in situ nos regards sur « ce à quoi nous sommes lié-es », nous commençons à nommer, peser, nos modes d’existences, à un peu moins les fantasmer. Et c’est d’autant plus puissant si on le fait depuis « une assemblée en marchant », composée de personnes avec diverses connaissances, consciences, boulots, chemins, sur ces faisceaux de relations qui font nos vies.
Les Marches-Composition peuvent-être une autre forme d’élaboration et d’échange de savoirs : les savoirs du quotidien, des expériences vécues, des joies simples et des violences ordinaires. En marchant ensemble on se donne la possibilité d’adopter le point de vue de l’autre, de déjouer les récits hégémoniques et de révéler les mécanismes de perpétuation du pouvoir sur le terrain, d’identifier des ennemis communs et de fomenter des alliances fertiles. Elles s’inscrivent dans un cheminement, comme un des maillons nécessaires à la fabrications d’écoles terrestres, d’écoles bio-régionales, d’écoles du démantèlement. Les marches composition, restent à inventer, problématiser, expérimenter… Mais concrètement, pour se lancer et organiser une telle marche, il faut des gens, une date, un fil problématique, un bout de territoire… On tente par ici de donner quelques pistes pratiques > reprisesdesavoirs.org/

Une saison en écho
Fabriquer ensemble ce printemps une saison de Marches-Composition, c’est envisager de faire progresser ensemble les divers formats qu’elles pourraient prendre, d’en apprendre sur les manières de construire une problématiques selon les territoires sur les observations de terrain. C’est aussi se raconter ce que l’aventure a pu décaler en nous, ce qu’elle a permis comme prises de consciences communes, si elle nous donne des pistes pour la suite. Pour ça on vous propose de mettre en place des « échos », sous forme de vocaux, textes ou dessins, à partager pendant ou pas longtemps après la marche. Que ces échos puissent donner envie aux autres de tenter des choses, et qu’il puissent être compilés en juillet dans un « bulletin de liaison » qui serait prêt pourles Résistantes en août et que l’on pourrait diffuser pour imaginer les prochaines saisons !
On met en place une page sur reprisesdesavoirs.org, nourri-es de conseils que l’on a pu glaner de diverses expériences passés et de celles en train de s’écrire.
Alors écrivez nous : salut@reprisesdesavoirs.org
Plein de camarades proposent déjà des arpentages territoriaux bien pertinents. On pense à la récente marche sur les Data Center à Marseille, par le collectif des Gammares et la quadrature du net. Morceaux choisis :
« C’est sans doute très basique, mais pour se rappeler que les infrastructures du numérique sont matérielles et bien réelles, il semble assez efficace d’aller les voir. Savoir où elles sont, comprendre que tel bâtiment, c’est le poste de transformation RTE construit spécifiquement pour les data centers, que tel hangar chelou qu’on ne voyait pas avant, c’est un poste de partage des eaux entre la galerie à la mer, le « river cooling » et le réseau de thalassothermie de la SmartCity. On engage nos corps, on est une centaine à essayer de sentir l’air frais de la galerie à la mer par les petits trous dans la porte au milieu d’un échangeur autoroutier à côté de l’usine Panzani. On peut les cartographier, on peut presque les toucher, on voit très concrètement comment le système tient, et ça aide à s’en emparer. Et puis, dans une balade, tu fais des liens imprévus : tiens en fait juste à côté du data center, c’est Cemex, et là c’est le quartier de la Calade… et ça fait des sensations étranges entre le « geste architectural » qui consiste à orner l’ancien bunker nazi d’un « origami en acier » face à la vieille copropriété d’après guerre un peu délabrée. » [4]
[4] Infrastructures numériques : « On a longtemps cru que…
Quelques scénarios de marches-compo…
Une amie en formation d’électricité, se chauffe à aller marcher avec une bande de meufs électriciennes qui s’organise dans le bâtiment, ses camarades de cours à peine majeurs, son chef d’équipe d’alternance chaud de repolitiser le réseaux, en invitant une historienne des réseaux et quelques zadistes amusées. L’idée serait d’aller voir les nouvelles batteries qui devraient « poper » dans nos villes et campagnes, comme supports de l’agrivoltaisation de terres et l’électrfiation des transports individuels.
Un pote veut proposer à ses camarades de son comité des Soulèvements de la Terre, à des naturalistes, et des skateurs qui trainent par là d’aller passer une journée à marcher en Beauce avec son oncle céréalier, qui a sa carte à la FNESA, pour qu’il nous raconte un peu ce monde qu’il va bientôt quitter pour la retraite, et que l’on puisse un peu mieux comprendre les enjeux tensions, contradictions de ces vies là.
A coté de chez moi il y a une centrale à énergie qui tourne au charbon qui devait fermer. Les gens de la CGT ont exploré très sérieusement des pistes pour transformer l’outil, et garder les emplois. Mais le tout nucléaire semble avoir choisit une autre option… Leur proposer de marcher le long des lignes THT, pour qu’ielles nous racontent cette histoire.
Avec une bande d’étudiant·es des beaux-arts on a marché sur les traces d’une manif contre les Pellets et les coupes rases de la forêt. Puis on est allé-es voir le régisseur technique du bâtiment qui nous a montré le système de chauffage de l’école. On a suivi le tuyau du chauffage urbain à travers la ville, pour aller le lendemain se balader en forêt avec un syndicat habitant qui s’organise, entre autres, pour une autre gestion forestière. On retiendra que quand il s’agit de se chauffer ou de choisir comment on veut le faire, il y a les propriétaires et les locataires !
A vous d’esquisser et réaliser les marches-compo qui vous feront avancer dans vos liens à vos territoires de vie.

S’OCCUPER DES CAMPUS, POUR D’AUTRES RENTRÉES
Depuis deux ans, nous proposons à des collectifs de se saisir du moment de la rentrée pour mettre les universités en chantier. En posant des gestes qui puissent nourrir l’imagination quant à ce qui pourrait se vivre et s’expérimenter dans ces lieux, nous souhaitions voir s’installer un rapport de force face aux orientations libérales de l’enseignement supérieur et de la recherche.Cette proposition a été saisie à Nantes, Saclay, Grenoble, Toulouse, Paris, ou encore Dijon.
Nous renouvelons cet appel pour favoriser la rencontre entre différentes forces qui s’organisent dans les universités mais aussi à côté de ces dernières : le centre social voisin menacé, les alentours d’un nouveau campus construit dans des quartiers populaires… et que puissent ainsi voir le jourun réseau de ravitaillement comme à Rennes ou unAtelier d’écologie politique (Atécopol) comme à Nantes [5]
[5] Les Atécopol qui d’ailleurs se retrouvent à Toulouse…
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Cette année, ce moment pourrait être orienté vers la construction d’un rapport de force dans le contexte de coupes budgétaires croissantes, accentuées par la politique opaque des « Key-labs CNRS » imposée arbitrairement par le gouvernement et qui met en péril de nombreux laboratoires dont les travaux ne servent pas les projets macronistes de start-upisation de la connaissance ou de répression massive des étudiant·es et professeur·es quand iels dénoncent le génocide en Palestine et la colonisation.
La coordo des Reprises de Savoirs
Reprises de Savoirs s’organise depuis l’écologie politique et les luttes, en vue de détricoter l’hégémonie des savoirs universitaires et experts, et pour reprendre et défendre l’égale dignité des savoirs manuels, des savoirs de subsistances, vernaculaires, sensibles. Ces savoirs sont élaborés et transmis depuis des lieux et des collectifs entre lesquels nous aimerions tisser des liens pour construire un large réseau d’entraide et de soutien mutuel. Notre boussole est la perspective politique révolutionnaire de l’(entre)-subsistance qui combat férocement la dévalorisation des savoirs et actions qui permettent le maintien de la vie, tant des humains que des autres-qu’humains, tout en affirmant le nécessaire considération des oppressions (sexistes, racistes, xénophobes, classistes, validistes, spécistes…) qui hiérarchisent et excluent.
[1] On vous en dis plus trés vite sur cette idée de savoirs oppositionnels, cela fait écho au travail sur les communs oppositionnels de Pascal Nicolas Le Strat, https://pnls.fr/commun-oppositionnel/
[2] Premières secousses, Les soulèvements de la terre, édition la Fabrique, 2024
[3] Pleins de choses à lire sur le biorégionalisme, on conseil de pister le travail de Mathais Rollot notamment l’ouvrage Qu’est ce qu’une Biorégion, aux éditons Wild Project.
[4] Infrastructures numériques : « On a longtemps cru que les données volaient dans les airs, et puis on a regardé sous nos pieds », dans Fracas
[5] Les Atécopol qui d’ailleurs se retrouvent à Toulouse début juillet pour leurs rencontres Réparer le Futur !
En 2024, pour·suivre les chantiers
Depuis maintenant deux ans, les contours des Reprises de savoirs se dessinent. Des trajectoires personnelles et collectives se sont croisées, de multiples liens se sont tissés au sein de lieux « en chantiers » qui fabriquent quotidiennement leur subsistance, et sont souvent des lieux en lutte contre l’aménagement capitaliste des territoires, expérimentant des alternatives, des résistances et des éducations populaires.
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Pour des Autres Rentrées
En 2023, en plus des chantiers, un appel était lancé pour organiser d’Autres Rentrée afin de ’s’organiser, en somme, pour que les savoirs et les compétences débordent une institution au mieux déliquescente au pire vendue au management.’
À Saclay, Nantes, Grenoble, Toulouse, des collectifs se sont organisés ne pas laisser la rentrée se dérouler comme l’éternel recommencement des mêmes logiques, mais plutôt commencer à adresser tout ce qui nous déplaît dans ces institutions qui cloisonnent les savoirs, en rend certains légitimes et d’autres subordonnés, tout en reproduisant les oppressions systémiques (genre, classe, race). Il s’agissait de proposer d’autres agencements en lien avec des dynamiques hors des campus, qui organisent en ville des cantines solidaires, de l’accueil, et résistent au jour le jour aux violences de la métropolisation. Faites-nous signe si vous êtes motivé·es pour organiser cela sur vos campus pour septembre-octobre 2024.
Des dynamiques naissantes
Des dynamiques ont pris appui sur des chantiers Reprises de savoirs pour s’expérimenter, s’inventer, se structurer : on pense notamment aux Naturalistes Des Terres, suivi l’année d’après par les Bâtisseureuses Des Terres. Ils et elles interrogent, tentent, proposent des liens entre les luttes et des mondes « professionnels », pour mobiliser autrement, appuyer les luttes, transformer les subjectivités depuis les milieux, et ce de façon déter·minée.
Convergences estivales & Marches et convois
Alors que pour cet étél’appel à la prochaine mobilisation internationale pour a défense de l’eau nous invite à faire fleuve, à converger depuis nos territoires et bassins versants, nous aimerions lancer un travail de récit au sein des chantiers, et ailleurs, lors de veillés, autour des marches et convois qui nous précédent. Une première brochure avec 5 récits pris auprès de témoins directs est en cours de diffusion. Nous prévoyons aussi à notre manière de venir renforcer le village de l’eau qui prendra place du 15 au 19 juillet dans le Poitou, et vous invitons dès maintenant à caler cette semaine dans vos agendas !

Invitation à des Rencontres interchantiers
Cette année, on propose des weekends interchantiers à destination des organisateur·ices de chantiers, pour s’entraider et partager nos imaginaires, faire grandir le réseau et la dynamique, pour élaborer ensemble. Cela sera le 30-31 mars en Loire-Atlantique, les 20-21 avril dans la Drôme, les 18-19 mai en Seine-Saint-Denis. Écrivez-nous si vous souhaitez y participer !
Traces et éditions sonores

Chaque chantier est l’occasion de générer différentes traces qui permettent de faire grandir la culture commune des chantiers. Parfois cela est poussé jusqu’à l’édition de brochures ou de podcast. La plateforme des camarades d’Avis de tempête en héberge plusieurs :
- > Retour sur le chantier « Habiter des milieux énergétiques »
- > Retour sur « De l’héritage colonial à l’habiter en commun : semer d’égal à égal, réaménagement d’une serre collective »
- > Retour sur le chantier « Reprendre le bâtir au béton »
- >Présentation en 30 minutes des reprises de savoirs.
Dans le contexte actuel, il est plus que jamais nécessaire de continuer à cultiver notre autonomie matérielle et politique, d’inventer ici et maintenant des futurs désirables en reprenant les savoirs de subsistance, en aménageant des lieux de résistance, de production nourricière, de soin… Depuis les endroits où vous vous organisez, que les chantiers soient existants ou en germe, nous vous invitons à les inscrire au sein de la saison 2024 des chantiers Reprises de savoirs !
À très vite sur les territoires !
Texte publié sur lundi matin en mars 2024 :
https://lundi.am/Pour-suivre-les-chantiers
En 2023, bilans et perspectives des reprises de savoirs
L’année dernière, 23 chantiers-école se sont tenus à travers la France hexagonale, ciblant diverses problématiques. Durant ces chantiers et dans une égale dignité des savoirs, les participant·e·s ont alimenté des réflexions sur les façons d’apprendre, de s’instruire mutuellement, et proposé des idées pour faire et vivre collectivement.
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Chaque chantier constitue un moment particulier, autour de besoins propres au lieu, à la fois pratique, relationnel, politique et théorique. Tous ces chantiers ont soulevé encore plus de questions qu’ils n’ont apporté de réponses :
Comment rendre ces chantiers plus accessibles ? Comment sortir d’un certain entre-soi des milieux écologistes, être solidaire de luttes plus distantes de nos réseaux affinitaires ? Comment lutter contre les oppressions reproduites malgré nous ? Comment déconstruire ensemble nos manières d’apprendre, de réfléchir, de faire groupe, si profondément ancrées pour reconstruire des formes d’apprentissage plus émancipatrices ?
On le sait, les inégalités de genre, de race, de classe, de handicap, déterminent profondément l’accès aux savoirs. Certains enseignements sont plus valorisés que d’autres, comme les grandes écoles, les cursus universitaires au long cours, face aux formations professionnelles – dites manuelles – et les pratiques de subsistance, pourtant essentielles à l’intendance quotidienne de nos vies. Le plus souvent, l’école telle que nous la connaissons impose une transmission descendante, rigide, et souvent traumatisante. Il nous importe donc de remettre en question la manière dont les savoirs et les pratiques sont hiérarchisés, partagés et transmis.
Ici ou ailleurs, d’innombrables collectifs ont inventé des méthodes pour se (dé-)former ensemble, enseigner, apprendre et mettre en commun les connaissances, les idées et les savoir-faire : éducation populaire, écoles libertaires, universités autogérées … En 2023, Reprises de Savoirs continue de s’en inspirer, pour prendre soin des formes de vies et des luttes terrestres, en construisant des ponts avec l’éducation et l’écologie populaire, la solidarité avec les personnes en situation d’exil, en mettant des moments, des lieux ou des connaissances au service de luttes multiples.
Fort du succès de la première année de chantiers et de l’enthousiasme qu’ils suscitèrent, une rencontre fût organisée en novembre dernier à l’espace autogéré des Tanneries (Dijon), invitant organisateur.ices et participant.es. Ce moment nous a permis de prendre un recul autocritique, d’accueillir de nouveaux membres dans le groupe de coordination, et de commencer à assembler des traces de nos apprentissages.
Nous nous sentons les compagnon·ne·s d’innombrables initiatives qui structurent l’horizon politique actuel pour contrer la méga-machine qui homogénéise et dévaste la vie. C’est un fait, des mondes et des façons d’appréhender le terrestre s’affrontent.
Il a un monde qui creuse des méga-bassines, qui privatise l’eau, crée des déserts ruraux et agricoles d’un coté ; de l’autre il y a une agriculture paysanne qui veut rendre accessible le foncier agricole pour repeupler les campagnes et réparer la cohabitation avec les vivants non-humains.
Ailleurs, dans un quartier de l’agglomération parisienne, certain·e ouvre une maison de l’écologie populaire pour cultiver la richesse des liens et de la diversité, tandis que la puissance publique via des cabinets d’urbanismes impose d’une gentrification élitiste, normée et socialement excluante.
Nous pensons qu’il est important d’enquêter sur l’utilisation mortifère de certains savoirs qui maintiennent le régime de destruction des milieux et des communautés, mais aussi d’aller à la rencontre de celles et ceux qui permettent aux diversités d’éclore. Créer des outils et des espaces d’organisation ou de refuge, faire des ponts avec différents collectifs et milieux, pratiques ou luttes. De nombreuses pistes s’offrent à nous. Nous pensons qu’en contribuant à un chantier ou à son organisation, vous aussi pouvez donner forme à ce mouvement, aussi varié et multiple que ses participant·e·s.
Texte publié sur lundi matin en mai 2023:
https://lundi.am/Pour-des-chantiers-reprises-de-savoir
Pourquoi nous rejoignons les reprises de savoirs (essais)
Sorti de bac pro, envie d’en apprendre encore
J’ai effectué quelques diplômes professionnels de 5eme niveau (taille de pierre, horticulture, poterie). C’est-à-dire jamais au-delà d’un BEP ou équivalent. J’étais un peu un cancre, incapable de me sentir pleinement concerné par les cours. J’ai passé beaucoup de temps d’apprentissage en entreprise à faire des tafs sans trop d’engouement, mais quoi que j’en dise j’y ai appris beaucoup de trucs pratiques et manuels qui m’ont familiarisé avec la matière ou m’ont permis de me sentir à l’aise dans un espace de travail – d’avoir le réflexe de trouver les bons outils et comment les utiliser. Idem pour les gestes de manutention, c’est-à-dire la manière de manipuler les matériaux – bois, pierre, métal – en évitant un maximum de te ruiner la santé. J’ai l’impression qu’à présent je me sens très à l’aise dans mon rapport au faire même si je ne suis pas féru de chantiers ou de bricolage.
Outre la nullité pédagogique à laquelle j’ai souvent eu affaire dans ces formations, ce que je regrette c’est le peu de moyens donnés aux domaines de l’esprit et du sensible. Les programmes et les conditions d’enseignement donnaient peu de moyens aux profs pour développer autre chose que la dimension professionnelle. L’issue de nos formations était d’arriver sur le marché du travail le plus rapidement possible sans trop se poser de questions. Nous n’étions pas formé.es pour nous y épanouir – au mieux, seule la maîtrise de notre discipline valait comme satisfaction. Nous étions des ados et des jeunes adultes perdu·es et nous nous dévalorisions beaucoup. J’avais le sale sentiment d’être en deçà de ceux qui faisait des études supérieurs. L’expérience m’apprit plus tard que l’université ou les grandes écoles ne sont pas non plus des espaces épanouissants malgré le savoir qui y est dispensé.
Habitant·es de territoires en lutte – il faudra toujours tisser des ponts entre les monde,
Parce-qu’il nous faut toujours inventer des ponts, des passerelles entre des mondes, tout en assumant le conflit avec les institutions délétères inféodées au régime de l’économie, nous rejoignons les reprises de savoirs dans une optique de l’extension du domaine du squatt. Si dans Dans nos lieux de vie et de lutte, l’autonomie politique et matérielle se conjugue déjà dans une attention au quotidien et à nos subsistances.
Nous devons continuer de trouver des formes à l’échange de savoirs d’une part et retrouver des formes d’organisations stratégiques qui dépassent et débordent nos milieux affinitaires, d’autre part. Nos milieux sont composés en partie de deserteurices de l’université; depuis les luttes, on a développé des savoirs stratégiques et pratiques que l’on doit garder en mouvement pour les mouvement sociaux.
Il faudra bien inventer autre chose que le modèle de l’Université et des Grandes Écoles…
On vient
Parce que nous faisons tourner au quotidien un système d’enseignement supérieur et de recherche public de plus en plus délabré (sauf les lieux d’ « excellence » et de reproduction sociale), soumis à la mise en concurrence généralisée, et à l’emprise des intérêts capitalistes et des promesses high-tech sur la production de savoirs…
Parce que nous assistons à l’effondrement de la pensée critique, aux attaques contre toute science sociale pointant les dominations de race, classe ou genre, et à la caporalisation gestionnaire de tout le système éducatif et universitaire…
Parce que nous ne parvenons pas assez vite à transformer nos établissements afin qu’ils soient à la hauteur des enjeux écologiques et sociaux auxquels nous faisons face, à la hauteur de ce qui ferait sens dans nos vies et celles des étudiant.e.s…
Parce que vieux d’un millénaire, compagnon des deux derniers siècles d’industrialisme, de colonialisme, de course à la puissance et à la croissance, le système d’enseignement général, technique et agricole, et supérieur et de recherche, est désormais largement prisonnier d’une mégamachine qui détruit les milieux vivants et notre milieu terrestre (on a le nez dans le guidon mais on sent bien qu’il faudrait inventer autre chose!)…
Parce qu’on sait qu’il n’y a pas de savoir de nulle part, pas de choix technique neutre, et que nous voulons rencontrer (à égal pouvoir, égale dignité) les collectifs qui se bougent les fesses pour un autre avenir que celui de la gestion étatico-capitaliste des catastrophes, pour d’autres mondes, pour d’autres liens entre les vivants…
… On vient donc ! On espère partager plein de choses (entre autre des savoirs, des gestes, des attentions) avec celleux qui font vivre des lieux, des luttes et des savoirs !
Des étudiant·es en quête de sens, dans un système universitaire sclérosé
Masterant.e.s, nous nous sommes dirigé.e.s vers l’enseignement supérieur et la recherche en études environnementales avec l’espoir d’y trouver des repères pour s’orienter, et l’envie de partager des outils pour penser et construire des mondes habitables. Ce sont des logiques d’individualisation et de compétition qui nous ont accueilli.e.s, mettant à l’épreuve nos amitiés et renforçant nos doutes et nos peurs. Ce sont aussi des disciplines qui nous ont rappelé à l’ordre d’un paysage épistémique régit par la division du travail et l’hyper-spécialisation, dont le miroir est une écologie ‘hors-sol’, basée sur l’atomisation des réponses et l’individualisation des responsables. Ces constats, et les pertes de sens qu’ils entraînent, rendent nos questions initiales d’autant plus fortes. Comment prendre pour piste d’atterrissage nos attachements, nos dépendances, les tenants et les aboutissants de ce grâce à quoi nous existons et prospérons, pour commencer à imaginer et à mettre en pratique d’autres façons de produire, de partager et de prendre soin, ou plus généralement d’habiter la terre ? Les institutions épistémiques en particulier, de par leur implication dans les déboires extractivistes et coloniaux, et l’infusion des logiques de profit et des intérêts du secteur privé dont elles font preuve, sont en grand besoin d’une réinvention terrestre. Alors que certains cherchent à les réformer « de l’intérieur », souvent avec frustration, d’autres ont choisi de les déserter, convaincus qu’il n’est possible de faire face aux enjeux écologiques qu’en se positionnant à l’extérieur d’elles. Néanmoins, nous nous demandons si construire et diffuser des savoirs terrestres ne demanderait justement pas de réinvestir ce à quoi l’on tient (ici l’enseignement et la recherche) de manière plus écologique et située, et donc en dépassant cette apparente opposition entre intérieur et extérieur. C’est donc avec l’envie de tisser des liens entre l’institution existante et les territoires de vie et les luttes sociales, que nous prenons part aux chantiers-pluriversités, motivés par l’expérimentation qu’ils offrent de pratiques de partage de savoirs écologiques et situées.
Art et environnement, le grand détournement
En tant que chercheuse en écologie politique et artiste, je subis l’effondrement de l’université publique d’un côté, et la précarité de la condition d’artiste-auteur de l’autre, une double brèche dans lesquelles s’engouffrent les institutions culturelles privées et les mécénats industriels ou « philantropiques » de leurs pendantes publiques. Avec elles s’évaporent le peu de structures matérielles de l’imagination qu’il reste du côté institutionnel de la force, au profit de réseaux de pouvoir soutenant de vastes opérations de « green washing » et autres colonisations des réflexions collectives sur des mondes communs encore vivables. Leur reprendre aussi bien les savoirs-faire que les arts, en se liant aux groupes et aux lieux qui construisent déjà, souvent depuis longtemps, des espaces de contre-imaginations, est pour moi indispensable. Car construire, penser et imaginer sont des pratiques qui ne vont jamais les unes sans les autres, et pour lutter, il s’agit de ne leur en laisser aucune.
Universitaire débordé et ne trouvant pas le temps de sortir de l’institution
Je viens de lire votre appel. C’est vachement bien ce que vous faites mais et je suis sous l’eau en ce moment avec mes responsabilités dans mon établissement. Venir une semaine pour partager savoirs théoriques et savoirs pratiques, c’est une riche idée, d’ailleurs j’ai écrit des choses là-dessus et je vous mets mon super article en attachement. Mais cet été j’ai mon livre à finir et mon UMR va être évaluée en septembre par l’HCERES. Est-ce que je peux venir deux jours vite fait au lieu de 7? Est-ce qu’il faut vraiment dormir en tente et faire la vaisselle? En tout cas je soutiens, hein! S’il faut signer une tribune vous pouvez compter sur moi !